Débriefing de mon talk à l’URRH 2026

Jeudi dernier j’ai donné un talk de 15 minutes à l’URRH 2026 et ça ne s’est pas du tout passé comme prévu 😨 !!!!

🤯 ça te dis que je t’emmènes dans la tête de Blanche-Neige : avant, pendant et après le talk ?

Si tu me connais, tu sais que mon format préféré pour donner des conférences c’est 1h.

Alors quand en octobre 2025, Herveline Dumon et Stéphanie Loquet m’ont proposé de donner un talk de 15 minutes pour l’URRH 2026, en plus de 2 ateliers dans la peau d’un DYS et d’un TDA/H, j’ai dit « oui », parce que j’aime le challenge.

Pour mémoire, en mai 2024, j’avais eu ce challenge, mais j’avais finalement tenu 27 minutes au lieu de 15, ce qui était déjà un exploit pour moi, surtout que c’était à 22h donc clairement pas en journée et donc déjà épuisée de ma journée.

Heureusement, pour m’aider dans ce nouveau challenge du talk de 15 minutes à l’URRH, l’Agefiph m’a proposé un coach en la personne de Charles Myara, que je remercie chaleureusement pour son travail qui m’a permis de prendre de lourdes décisions, pour moi, le jour J (j’y reviendrais).

Les séances de coaching ont commencées début janvier. Mon texte était bien, les idées étaient bonnes et au fur et à mesure des séances c’est là que j’ai eu du mal avec la gestion du temps, mais surtout avec la prise de décision. En effet, il fallait couper certains passages pour que cela rentre dans 15 minutes. Je me suis rendue compte que certains passages de ma vie n’étaient pas aussi insensibles que ça. Je l’avoue j’ai fait une dépression entre fin janvier et fin mars.

A partir du moment où j’ai eu des difficultés pendant les séances, j’ai vu ça comme une tempête infernale. L’impression de retourner dans le passé, comme à l’école, le fait d’être trop lente, d’avoir des difficultés à prendre des décisions (merci les troubles dysexécutifs). Je me suis foutue la pression toute seule, j’ai craqué parce que j’avais mal de me sentir incapable de prendre des décisions, de revivre quand j’en parlait, le harcèlement et la discrimination, j’étais angoissée par le fait de ne pas savoir le déroulement avant le talk (je l’ai eu quelques semaines avant et également la veille, heureusement), la peur que si je ne dis pas certaines choses dans mon talk les gens croient que mon parcours est différent (alors que toute ma vie ou presque est dans mon livre « Moi, neuro-atypique : le secret de ma résilience » dispo juste ici : https://www.6foisdys.fr/boutique/).

Alors comme à mon habitude, malgré la tempête, j’ai persévéré, en sachant la date butoir (le 26 mars). On a coupé des passages dans la version originale du script et même si j’étais paniquée, je me suis jetée à l’eau, comme l’a fait mon confrère Philippe Croizon au tout début de son projet de traverser la manche à la nage.

C’est d’ailleurs grâce au film « Pour le meilleur » de Marie-Castille Mention-Schaar retraçant l’histoire de Philippe et Suzanna que j’ai trouvé la luminomagifantastique (eh oui je suis une grande fan de Mary Poppins). Dans ce film, à l’aube de son exploit aquatique, Suzanna tente de remotiver Philippe en lui disant de répéter après elle « Je vais y arriver ». Au début, il ne donne pas l’énergie pour s’en convaincre, puis peu à peu, il donne l’énergie et finit par y croire.

Le lendemain de l’avant-première du film, j’ai utilisé la même phrase pour me motivé et j’ai réussi à être dans les temps pour la 1ère fois depuis le début.

Il y a la théorie et il y a la pratique.

Mardi 24 mars :

Je fais une séance de sophrologie avec ma super amie sophrologue Emmanuelle Brioude avec qui je fais une préparation mentale pour débloquer les points bloquants de mon texte (les passages où je parle de mon harcèlement de la discrimination que j’ai vécu). Je me prépare au pire et mon mantra c’est : « Quoi qu’il arrive ce sera bien ». J’ai visualisé les points intéressants comme les points de difficultés possibles mais je n’avais pas envisagé un des soucis que j’ai eu le jour J.

Mercredi 25 mars :

Je découvre la scène, je dois changer de plans pour ma veste car il ne fait pas chaud sur scène. Je repère la loge, les toilettes pour me changer, la scène, je vois le compte à rebours sur la scène, je sais que c’est lui qui va me poser le plus de problème et qu’il sera en même temps mon allier pour savoir si je dois ou pas couper certains passages.

Jeudi 26 mars :

Le matin, j’aide mon ami Robin Sicsic d’Handinéo sur son stand, j’use mes cartouches, mais j’adore l’ambiance des stands. Arrivée à 12h15, je mange les supers bons plats de Trèfle Restauration qui me redonnent un peu d’énergie. Vers 13h30 je pars direction la loge (que je peine à retrouver malgré les repérages de la veille, quelle idée de prendre comme point de repère un fauteuil roulant qui avait été bougé 🤣).

Avec la fatigue je mets 5 minutes à mettre mon collant (merci la dyspraxie), j’arrive pour la pose du micro, pile à 13h45 (en ayant donné des sueurs froides à mon coach, Charles). Mise en place d’un micro dont je n’ai pas l’habitude (micro madona) et c’est qu’après je dois retourner en loge pour mettre mes chaussures de scène et là, bah, la galère pour faire les lacets avec des lacets fins et le fait de devoir le faire rapidement, heureusement en loges on m’aide.

La musique du jingle retentie (elle est longue, très longue…) Charles fait son speech et c’est à moi d’entrer en scène. Dans la salle, je vois des têtes connues (juste en face de moi Mathilde Cabanis et quelques autres personnes connues avec notamment Claire Morgant (ma première référente handicap, celle qui a su trouvé mon talent de conférencière, comme elle aime le dire). En arrivant sur scène je vois que le temps est déjà bien écoulé et là je me prépare mentalement. Je fais tout bien comme il faut le début de mon talk, mais il y a un hic que je craignais quand on m’a mis le micro (le micro est trop proche de ma bouche et le son est horrible).

J’essaie de faire attention à mon souffle pour ne pas trop agacer les oreilles de tout le monde. A un moment dans le talk, le « technicien son » m’arrête pour remettre mon micro en place (eh oui le stress est là et je vois les secondes filer sur l’écran du compte à rebours).

Je continue à dérouler mon texte, mais dans ma tête mon cerveau est en ébullition, les minutes filent et je sais que je n’aurais pas le temps de dire tout ce que j’avais réussi à dire en 15 minutes, initialement, lors du dernier entraînement.

🙏 Et c’est là que je remercie Charles de m’avoir coachée et à ma sophrologue qui m’a préparée mentalement à la possibilité que tout ne se déroule pas comme prévue, car sans eux, je n’aurais pas réussi à me dire c’est ok de couper le texte, va à l’essentiel et c’est ok si tu ne dis pas tout.

J’étais HS, mais je l’ai fait !!!! 💪

A la sortie de la conférence j’étais dans un état d’épuisement le plus total (tu la vois l’image de Blanche-Neige écroulée à terre après sa course folle 🤣, bah c’était ça, mais dans ma tête). J’étais loin d’être fière de moi, tout le monde m’a dit que « c’était génial », mais j’avais ce sentiment que ce n’était tellement pas représentatif de mes vraies performances, comme un goût amer de ne pas avoir réussi à faire le talk entier que j’avais tant rêvé.

Ralalah 🤣, ce syndrome de l’imposteur, une vraie sorcière pour cette pauvre Blanche-Neige.

Malheureusement, tout ne peut pas être parfait et s’il y a bien quelque chose dont je suis fière par rapport à ce talk, c’est que j’ai réussi à m’adapter grâce à tout le travail effectué, en amont.

Une mention spéciale à Claire qui m’a permis un retour au calme avec des retrouvailles qui font plaisir, une photo souvenir et surtout une aide précieuse pour me permettre de remonter mes affaires et d’aller au stand prévu pour les talkers.

Bref, c’était inception dans la tête de Blanche-Neige, la princesse aux 7 DYS.


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